Instinct maternel et premiers pas de maman

J’ai toujours su qu’au moment opportun, je serai une excellente mère. Oh, la prétentieuse! Je m’explique.

J’ai 29 ans et je n’avais pas vraiment programmé d’être maman tout de suite. À vrai dire, plus les années passaient et plus j’avais l’impression de rajeunir avec cette envie de vivre des challenges permanents excluants complètement la maternité.

J’ai toujours été ce que l’on peut appeler une fille de caractère, et pour être plus juste, disons clairement, une chieuse!  Cependant, je peux objectivement dire que je suis quelqu’un de gentille. D’une manière générale, il est tout à fait normal pour moi d’être bienveillante et de faire preuve d’empathie. Mais à coté de ça, il peut m’arriver d’être extrêmement chiante. Je suis obstinée, déterminée et parfois intransigeante. Je peux fournir un effort physique pendant de longues heures sans ressentir la fatigue, ou plutôt, sans la laisser s’imposer à moi, pour ne m’écrouler qu’une fois la tâche accomplie. Forte de ce caractère un peu étrange, j’ai toujours su qu’il me permettrait d’être une mère suffisamment bonne et forte pour mes enfants, et cela, à chaque étape de leur vie.

J’ai toujours aimé les enfants. Infirmière ayant travaillé en salle de naissance, en suite de couches, et de surcroit ayant une ribambelle de neveux et nièces dont j’aime m’occuper, j’ai toujours plus ou moins baigné dans un milieu gratiné aux petits bouts.

Avec un tel caractère et la richesse de mon entourage j’ai donc toujours eu l’impression de bien les connaitre les enfants. Les gestes à effectuer, les rituels pour les apaiser, les attitudes pour les faire rire étaient pour moi une formalité tant j’avais pu les expérimenter dans ma vie privée ou professionnelle. De ce fait, oui, j’ai toujours été convaincue qu’au moment opportun, l’instinct maternel me permettrait d’être une mère suffisamment bonne pour mon enfant. Pas une mère parfaite. Pour être l’être, il faudrait déjà que je fusse une personne parfaite et vous avez pu constater que ce n’est pas le cas. Je ne suis assurément pas une mère parfaite, mais je suis la mère parfaite pour mon fils. Cela a toujours été une conviction pour moi, avant même que je ne devienne maman. C’est grâce à cela, je pense, que je n’ai pas déprimé ni paniqué lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, au moment je dirais, le moins opportun pour moi car psychologiquement, j’ai toujours été prête. Ce n’est pas pour autant qu’il m’a été facile de faire un deuil sur ma fille de jeune femme mariée sans enfants mais au moins, je savais que la mise en place du lien mère-enfant serait aisée.

Dans mes premiers pas de maman à la maternité, j’ai fais les choses naturellement. Ma vie s’est mise au rythme de celle de bébé naturellement. C’est fou de constater que même épuisé, on se réveille quand il le faut, on trouve la force de faire ce qu’il faut, quand il le faut. J’ai eu l’impression que les choses ont toujours été naturelles et je ne me suis jamais posé la question de savoir si j’avais ou pas l’instinct maternel.

J’ai eu ce déclic aux 8 mois de Timothé. Un samedi matin, à 7h,  Timothé pleurait sans raison apparente bien que fatigué. Il pleurait d’une manière qui ne correspondait pas à son langage habituel. Il faut dire qu’à cette période précise de sa vie, nous avons pu constater beaucoup de changements avec la prise de conscience de sa personne, de ce qui lui était familier ou étranger. Son rythme de sommeil et d’éveil était considérablement perturbé. Et donc, ce fameux matin, alors qu’il pleurait et se tordait dans tous les sens dans un état de mi sommeil mi veille en évoquant un inconfort, une douleur, son papa essayait de lui parler pour le calmer et le rassurer, en vain. J’ai préparé un biberon pour le lui donner. Normal, me direz-vous. Oui, mais habituellement, à ce moment, Timothé prenait un biberon entre 2h et 4h du matin puis mangeait seulement à 11h-12h donc il n’avait aucune raison d’avoir faim à ce moment précis d’autant plus que ses pleurs ne correspondaient pas à des pleurs de faim. Timothé a englouti son bib et s’est rendormi jusqu’à 9h. À ce moment, j’ai su qu’il y avait quelque chose. Un instinct. Un instinct qui m’a poussé à ne pas m’inquiéter en le voyant se comporter comme il ne l’avait jamais fait. Un instinct qui m’a poussé à comprendre que c’était juste la faim, rien d’autre. Ce matin précisément, il a changé son rythme alimentaire habituel. 

En y réfléchissant, je me suis dis que je connais mon enfant bien mieux que quiconque d’une manière presque étrange. Je sais quand il est heureux, je sais quand il est fatigué même s’il semble en pleine forme, je sais quand il est agacé par l’attitude d’une personne. Je sais quand il a de la fièvre alors qu’il ne semble pas spécialement “chaud” et que son attitude reste inchangée. Je sais quand il est confortable, je sais quand il a besoin qu’on lui lâche la grappe, je sais. Je crois que c’est ça, l’instinct maternel, savoir sans se poser la question. Savoir quels signes chercher, savoir quelles attitudes décoder. Au delà même du fait de savoir, l’instincts maternel est un véritable lien qui se crée et s’active dès que la vie d’éveille en nous. Pour ma part, je n’ai jamais remarqué que j’avais cet instinct parce qu’il n’y a, je pense, rien à remarquer, il est là, normalement là, et puis c’est tout! Il aura fallu attendre 8 mois pour que j’en prenne conscience et que je l’identifie derrière tout plein de choses alors qu’en réalité, il était là depuis le début!

Dites mois, les mamans, mon analyse sur le sujet vous semble t-elle juste?

 

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