La vérité sur la vie de couple

Oh, la vie de couple!

Etes-vous en couple? Vivez-vous ensemble? Avant de poursuivre la lecture de cet article, arrêtez vous un instant. Visualisez brièvement votre vie de couple. Quels sentiments vous évoque t-elle?  Si vous n’êtes pas en couple, projetez vous également en visualisant un instant ce que devrait être la vie de couple selon vous.

Voilà, allons y.

Bien évidement, j’ai intitulé cet article “la vérité sur la vie de couple” mais je n’ai pas la prétention de détenir la vérité. C’est surtout Ma vérité après dix ans de vie de couple que je souhaite vous livrer.

Maintenant, allons y vraiment.

Avant de me marier, je voyais la vie de couple comme un long fleuve tranquille parsemé de “je t’aime”, de matinées au lit et de fraise-chantilly-champagne sur le plan de travail de la cuisine. J’ai vite déchanté.

J’exagère. Toujours!

En réalité, lorsque nous avons démarré notre vie de couple, nous étions tous les deux étudiants. Nous avions donc assez de temps livre pour vivre d’amour et d’eau fraiche. Passer des week-ends et des soirées à se promener dans les rues de Paris, aller faire les courses ensemble, cuisiner ensemble, faire le ménage le samedi matin, bref, c’était simple.

Et puis, monsieur a commencé à travailler, j’en ai fais de même un an plus tard; nous étions moins disponibles mais qu’importe, nous étions jeunes, libres, amoureux, sans enfants, la vie restait simple. Nous mangions 3 à 4 fois par semaine à l’extérieur, nous faisions le ménage le weekend, et encore, ce n’était pas toujours nécessaire puisque nous passions peu de temps à la maison.

À ce moment, la vie de couple était d’une paisibilité royale. Sans enfants, sans pression du quotidien, sans “charge mentale”, le couple pouvait évoluer dans sa bulle sans trop d’embûches. 

La situation a commencé à se corser avec l’arrivée du premier enfant. Vous savez, cette tierce personne dépendante et envahissante qui devient subitement le centre de notre monde. On commence alors à constater que le frigo est vide parce que l’on a pas eu le temps d’aller faire les courses. Dans ces cas là, on serait simplement allé au restaurant, avant. Mais avec un enfant une sortie si simple de ce type prend vite des allures de mission impossible. Alors, on évite la mission, et puis, un poids s’installe. Au frigo vide s’ajoutent le ménage à faire, le repassage, les vêtements à laver, et puis la cuisine à faire le soir… On se demande alors comment ces mêmes tâches que nous faisions avant peuvent soudainement devenir si lourdes, sources de stress et tensions à l’origine des premières engueulades stupides : “t’as fait à manger combien de fois cette semaine? Une fois? Ah oui, parce que t’as vraiment l’impression qu’il n’y a qu’un seul jour dans la semaine? T’as mangé les autres soirs, non? Ça va, ça ne te gêne pas que bobonne fasse tout?” Ou encore : “tu pourrais au moins faire une machine non? C’est facile ça à faire, mettre le linge dans la machine et appuyer sur un bouton!”… Je suis sure que cela vous parle :)!

Et puis, pendant ce temps, la pile de linge augmente dans la machine tandis que le panier de linge propre à repasser est lui même débordant. Avec tout le reste, cela vient pourrir notre enthousiaste, miner notre entrain, accabler nos pensées, diaboliser l’autre et au final peser sur notre vie de couple.

Tous deux sous tension, sous oppression, l’on en vient à oublier que les jours furent plus heureux, plus simples et plus faciles à vivre jadis. On oublie que la vie évolue, que les circonstances changent et que l’équilibre est instable. On oublie que l’on y peut quelque chose, qu’il n’y a aucune fatalité et que cela n’a aucun lien avec un manque d’amour. On oublie que nous sommes tous humains, que la responsabilité du couple ne repose pas uniquement sur l’homme ou sur la femme, mais qu’elle est l’affaire de deux personnes qui s’aiment et qui ont décidé de vivre ensemble.

Qu’on se le dise, la vie de couple n’a rien de simple. En même temps, comment voulez vous que la cohabitation entre deux personnes différentes bien qu’amoureuses soit simple? Nous manquons parfois d’amour pour notre propre personne; nous nous maltraitons, nous nous dénigrons, nous nous flagellons, et pourtant, nous voudrions que ce soit plus fluide avec l’autre!

Je pensais qu’il suffisait de s’aimer pour cohabiter ensemble dans un climat harmonieux. Je n’ai pas su, à cette époque, qu’il fallait, en plus de s’aimer, être tolérant, bienveillant, mais aussi, s’organiser et surtout, trouver un nouvel l’équilibre.

L’équilibre, lui. Dans la vie de couple, à mon sens, tout est question d’équilibre. Il ne s’agit pas de faire la cuisine trois fois chacun dans la semaine, ni de faire les courses à fréquence égale, ni de déposer les enfants à tour de rôle à l’école… Il ne s’agit pas non plus de compter qui en fait le plus et encore moins de se mettre en compétition. Ce n’est pas ça, l’équilibre.

S’équilibrer, c’est trouver le rythme qui convient à chacun. S’équilibrer, c’est mettre les compétences et appétences de chacun au service de la paix dans le foyer au quotidien.

J’ai compris cela assez tardivement, après l’arrivée du deuxième enfant qui a eu l’effet d’une tornade sur notre vie de couple. Vous savez ce que c’est, la fatigue, les enfants, le travail, la vie qui continue. On préserve ce que l’on peut, au détriment du couple. À ce moment précis, certains se séparent, d’autres crient, pleurent, font des concessions, travaillent et parviennent finalement à trouver un nouvel équilibre.

Pour conclure, je peux dire aujourd’hui, après 10 ans de vie de couple, ce qui est beaucoup et très peu à la fois, que la vie de couple n’a rien de simple. S’aimer est une chose. Vivre ensemble, partager chaque jour, se dévoiler complètement devant l’autre, mais aussi le découvrir tel qu’il est vraiment peut se révéler violent. Et lorsque le quotidien, les enfants et les pressions extérieures s’en mêlent, la tâche devient encore plus rude.

Cependant, lorsque l’on s’aime vraiment, on cherchera toujours le bonheur et le bien être de l’autre. Cela nous conduira à une écoute attentive de l’autre afin de chercher à le comprendre. Nous ferons ensuite des concessions pour chercher à équilibrer ce que nous sommes et ce que nous voulons avec les attentes de celui ou celle qui partage notre vie afin de devenir réellement complémentaire. Lorsque l’on est complémentaire, il n’y a plus de compétition, plus de jugement, moins de pression. On se complète, on avance ensemble en restant attentif aux mouvements de l’autre afin de resté équilibré.

Dans cette démarche, la communication est d’une importance capitale. Se parler, s’expliquer, se dire ce qui empoisonne nos pensées est vital pour le couple. Il ne s’agit pas de parler dans la colère, en pleine crise. Les échanges dans ce contexte sont stériles. À chacun de trouver le bon moment pour s’ouvrir, l’important étant de le faire pour offrir une voie de sortie de crise au couple.

Je suis curieuse de connaitre votre avis sur cette analyse de la vie de couple directement tirée de mon vécu personnel. Comment cela se passe pour vous? Je vous laisse avec quelques images de cette séance de couple réalisée il y a 4 ans avec l’amoureux, lorsque notre vie de couple était un long fleuve tranquille!

2 comments

  1. Déjà:
    1. Vous étiez superbes et , la chance, vous l’êtes toujours, moins insouciants et moins jeunes (un tout petit peu 🙂 Mais beaux!
    2. Ici la cohabitation a été comme des montagnes russes, formidables sans enfants: même tolérance au bordel, et goût pour se simplifier la vie et très compliquée pour les 2 bordéliques désorganisés que nous sommes après les 2 enfants. Premier enfant on arrive encore à retomber sur ses pattes en rigolant de nos imperfections, au 2ème grosse remise en question. On essaie de s’améliorer, on y arrive un peu, des fois, pas toujours, mais toujours on fait le choix de la simplicité quitte à y dépenser de l’argent (femme de ménage toutes les 2 semaines, c’était indispensable…)
    3. Retrouver du temps à 2: depuis le début de ma première grossesse il y a presque 4 ans on s’est petit à petit habitués à sortir séparemment, à ne plus jamais être juste à 2 et maintenant qu’on approche des 1 ans de la petite on a très très envie de s’y remettre! Pas simple quand on n’a aucun grand-parent à moins de 4000 km mais on va y mettre toute notre énergie (restante) 😀
    Bref, s’aimer, c’est loin d’être suffisant. Se parler non plus. Essayer non plus. Mais en faisant tout ça, des fois, ça marche 🙂

  2. J’ai énormément aimé ton article tant il me parle. Après la naissance des jumeaux, nous n’avons pas remarqué à quel point nous nous sommes complètement oubliés pour se consacrer uniquement à ses petits bouts. Je pense également que c’est une étape à passer. La venue d’un enfant bouleverse énormément tout. Il faut accepter d’être bousculée tout en essayant de se préserver, chose pas du tout facile. En prendre conscience est déjà un énorme pas vers l’avant

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