Zéro déchet

Si l’on m’avait dit un jour que je ferais le ménage avec du vinaigre blanc, que j’arrêterais d’acheter du Nutella et que je perdrais mon samedi matin à faire des gâteaux maison, j’aurai répondu : “mais pourquoi faire”?

Il n’y a pas si longtemps, je me moquais complètement de l’écologie. Pour moi, il s’agissait d’une simple mode qui avait son lot d’adeptes.

Nous n’avons jamais spécialement gaspillé ni gaché et encore moins abusé de ce que nous avions et pour moi, c’était déjà bien assez.

1. Mon entrée inconsciente dans le zéro déchet

Aussi étrange que cela puisse paraître, mon entrée dans la réduction des déchets et ma prise de conscience de la nécessité de vivre de manière plus eco-responsable s’est faite naturellement et même assez bêtement!

À l’arrivée de mon deuxième enfant, j’ai été interloquée par la quantité de déchets que nous produisions tous les 4. Avec 2 enfants qui portaient des couches, à raison de 5 couches au minimum par 24h pour un nouveau né, je me retrouvais à sortir beaucoup trop régulièrement les poubelles. Aux couches s’ajoutaient les bouteilles d’eau gazeuse, les paquets de biscuits, les rouleaux d’essuie tout… J’avais l’impression d’avoir des poubelles toujours pleine. Nous vivons dans une maison et nous gerons la sortie des poubelles. Nous sommes donc pleinement conscients de ce que nous produisons. Le fait de voir les sacs s’accumuler à la vitesse de l’éclair dans la poubelle extérieur m’a amené à me demander si nous avions toujours produit autant de déchet ?

Parallement à ce constat, je me suis trouvée très fatiguée et débordée par la logistique que demandait l’arrivée d’un nouvel enfant. Et lorsque je dis débordée, le mot est faible. En réalité, j’ai pété un plomb 😂.

Pour rebondir, j’en ai conclu que je devais essayer de me simplifier la vie au maximum et vivre plus sainement. Me simplifier la vie pour avoir moins d’énergie à dépenser dans l’inutile et concentrer mes forces sur l’essentiel. C’était selon moi ce qui me sauverait la mise.

C’est ainsi donc, que je suis entrée dans le zéro déchet. Absolument pas pour des raison écologiques. Simplement par convenance personnelle ! Mais au final, qu’importe le mode d’entrée, vous serez tous d’accord pour dire que le plus important est d’y être entré, non?

2. Par quoi commencer dans le zéro déchet ?

  • Le désencombrement.

Nous n’avons jamais vraiment stocké inutilement ni acheté pour le simple plaisir de posséder, quoi que. Mais pour repartir sur de nouvelles bases, des bases plus saines, il est important de faire du vide. Se débarrasser de l’inutile pour recommencer sur des bases plus réfléchies.

Nous avons commencé par faire un tri drastique dans nos vêtements. Nous avons vidé des sacs entiers de vêtements que nous avons accumulé au fil des années. Tous ces vêtements que nous avons fini par donner, nous ne les portions plus. Ils étaient là, encombraient nos armoires, compliquent le choix quotidien de nos vêtements, mais il restaient là malgré tout. Dans la même lignée, je me suis séparée d’un nombre considérable de parures de lit, serviettes pour ne garder que le minimum nécessaire.

Chez les enfants, j’ai fais un tri considérable dans les jouets. Je n’ai gardé que le strict minimum, ceux avec lesquels ils jouent vraiment.

Dans la salle de bain, je me suis séparée de toutes les crèmes et produits à la composition douteuse. J’ai aussi et surtout supprimé les quantités de parfum, maquillage, gels douches et crèmes de coffret cadeau et toutes ces choses jamais utilisées mais simplement stockées pour le jour où…

En cuisine, je me suis débarrassée des gadgets inutiles, des tasses cassées, des pots d’épices vieux de plusieurs années… J’ai tout retourné pour ne garder que le minimum nécessaire.

Le minimum nécessaire, ce fut ma politique dans toutes la maison pour savoir ce qu’il fallait garder ou sortir.

Est ce vraiment nécessaire ? L’utilisons nous vraiment ? Est il utile d’en avoir autant ?

Ces questions m’ont permis de savoir ce que je devais garder ou donner/jeter. J’ai eu l’impression de ne jamais finir cette étape du desemcombrement. Plus j’en sortais, plus il y en avait à sortir. C’était frustrant et interminable. Mais lorsque l’on y pense, après des années d’accumulation, de stockage et de consommation inconsciente, il serait utopiste de penser que le changement puisse être simple et rapide. Vider toute une cave remplie peu à peu pendant toute une vie, c’est long. Se séparer de chose à la valeur sentimentale mais pourtant inutiles, c’est dur. Et pourtant, cette étape est cruciale pour entrer dans le zéro déchet. Et puis, faire le vide à cette dimension symbolique plus profonde que le simple fait de vider ses placards. En faisant le vide, j’ai eu l’impression de me délester de plusieurs poids accumulé à tort et à travers. Un vrai bonheur.

  • La documentation

Après le desemcombrement, j’ai eu besoin de savoir comment fonctionner dorénavant. Quels étaient les astuces à copier, les pièges à éviter, que signifiait vraiment le zéro déchet, était-ce vivable à long terme… En plus de surfer sur les blogs, j’ai investi dans ces livres que je recommande :

– Zéro déchet de Bea Jonhson

– La famille zéro déchet

– L’art de l’essentiel

J’ai pu y lire le parcours de famille qui étaient passé par là et apportaient des réponses concrètes aux question que je me posais. J’y ai encore régulièrement recours aujourd’hui.

  • Le zéro déchet en cuisine

En cuisine, à mon sens, le nerf de la guerre, c’est l’équipement ! J’ai la chance d’avoir été équipée par Bosch dans le cadre du programme #boschfamilies et très honnêtetement, l’équipement ingénieux, solide et adapté me fait gagner un temps fou en cuisine dans ma démarche. Je prendrais le temps de revenir de manière détaillée sur mon fonctionnement en cuisine.

Globalement, je fais au maximum mes courses en vrac. Je vais pour ce faire chez negozio leggero et épicerie kilogramme pour les produits secs. Pour les fruits et légumes, j’ai tenté le panier anti gaspi de graapz mais je n’ai pas adhèré pour plusieurs raisons. Je cuisine au maximum ce que nous mangeons par mes propres soins. Les gâteaux sont fais maison. Pour y arriver, j’ai choisi de privilégier des recettes simples et je fais plutôt des biscuits que des gâteaux. On peut en faire en grande quantité avec peu d’ingrédients. C’est parfait pour les familles nombreuses ou pour tenir toute une semaine.

Comme je vous le disais ici, nous avons considérablement réduit notre consommation de viande et nous mangeons principalement des légumes et des féculents. Je peux les acheter en vrac et j’ai ainsi toujours ce qu’il faut pour cuisiner sous la main.

Pour tenir le coup, j’ai un fonctionnement quotidien et un fonctionnement de fond. Tous les trimestre à plus, je fais des courses importantes en produits secs et en fruits et légumes. Ma cuisine se transforme alors en vraie cuisine centrale ! Je cuits les légumes secs et je les congèle pour en avoir immédiatement sous la main en cas de besoin. Je coupe les légumes et les congelés crus pour reproduire les surgelés ou j’en fais des sauces, des poêlées et autres préparations de je congèle ainsi dans des bacs à glaçons, dans des bocaux ou dans des tissus en cotons. Ainsi, si je suis limite ou si je reçois du monde, j’ai des aides culinaires déjà prêtes dans mon congélateur. Idem pour les gâteaux, lorsque je fais la pâte, je double systématiquement les doses pour en congeler la moitié. Les week-ends où je manque de temps, je n’ai plus qu’à décongeler les préparations et les passer au four. C’est salvateur pour garder le rythme !

  • Le zéro déchet dans la salle de bain

La salle de bain est certainement la pièce la plus simple à passer au zéro déchet. Les crèmes pour le corps ont été remplacée par l’huile de coco. Le dentifrice est fait maison. Le gel douche et le shampooing ont laissé place à du savon et shampooing solide. Pour ma période menstruelle, je suis passé à la cup. Les brosses à dents sont désormais en bambou donc compostables.

  • Le zéro déchet dans la garde robe

Après le tri, vient l’heure du rachat. Nous avons peu acheté jusque lors. Pour les prochains achats, je vais m’orienter tout doucement vers la seconde main. À terme, j’aimerais acheter made in France et éthique. C’est à ce jour un investissement conséquent que nous ne pouvons pas encore faire pour toute la famille mais nous y viendrons peu à peu.

Chez les enfants, nous utilisions deja beaucoup de seconde main. J’achète neuf quand je n’ai pas d’autre alternative. Leur garde robe est minimaliste. Pas plus de 7 pièces de la même catégorie de vêtement. Le choix est ainsi simplifié et rapide. À leurs âges, ils grandissent vite et changent de taille au moins 2 fois dans l’année. La garde robe minimaliste est donc parfaite pour ne pas surconsommer inutilement.

  • Le zéro déchet dans le nettoyage

Mon arme redoutable pour le nettoyage est le vinaigre blanc ! Je nettoie les sanitaires, la cuisine, les vitres et toutes les surfaces avec.

J’utilise un nettoyeur vapeur qui me permet d’avoir un sol propre sans me fatiguer et sans produits nettoyants.

Le sopalin et les éponges ont été remplacés par des tissus en microfibre ou des brosses en bambou avec des têtes interchangeables aux fibres naturelles.

  • Les enfants et le zéro déchet

Chez les enfants, en plus des éléments cités plus haut, je suis passé aux couches lavable pour ma dernière. J’essaie au maximum de leur acheter des jouets en bois et surtout de privilégier les livres et les jeux de sociétés ou les basiques tels que les legos.

Les enfants ont cette facilité et cette faculté de pouvoir assimiler rapidement les choses. Leur donner les bonnes habitudes très tôt leur permettra de ne pas mettre des années, comme nous, pour réaliser qu’il est important de vivre en préservant l’environnement et en se préservant soi même !

3. Quels sont mes freins dans cette démarche ?

Je vois 3 freins aujourd’hui dans ma démarche zéro déchet :

– Le manque de commerces de vente en vrac; je dois parcourir plusieurs kilomètres en voiture pour faire certains achats en vrac et il n’est pas toujours aisé de se dégager du temps pour cela

– Le manque de commerces de proximité. Dans mon quartier, il n’y a pas de boucher, pas d’épicerie… Je dois donc aller en grande surface ou il n’y a pas non plus de vrai boucher 😂. Parfois, c’est donc le parcours du combattant pour faire certains achats. Quand j’en ai le temps et la force, je fonce, mais souvent je capitule et je pollue !

– Le manque de temps. En réalité, le manque de temps n’existe pas. Je dirais plutôt que nous manquons tous de temps, de fait. Le vrai problème est le défaut d’organisation par rapport au temps dont nous disposons. Les choses étant en perpétuelle évolution, l’ajustement est sans fin. C’est l’orque nous n’avons pas su ajuster notre fonctionnement à un nouveau rythme que l’on peut facilement se retrouver débordé et polluer… jusqu’à retrouver un nouvel équilibre…

4. Mes objectifs à moyen et long terme

À moyen terme, j’aimerais passer un nouveau cap et réduire considérablement nos poubelles. Nous jetons encore beaucoup trop de choses à mon goût. Bien sûr, nous faisons attention, nous achetons seulement en cas de besoin et nous essayons de faire des achats raisonnables et responsables mais il va nous falloir passer un nouveau cap pour générer encore moins de déchet.

À long terme, j’aimerais remplacer notre équipement du quotidien par des matières nobles, saines et durables telles que le bois, l’inox, l’emaille… et éradiquer dans la mesure du possible le plastique.

J’aimerais réussir à réduire significativement nos déchets et être satisfaite de notre mode de vie en étant en phase avec nos valeurs.

J’ai encore beaucoup de choses à vous partager sur notre démarche zéro déchet un an après mais je réalise que je vais devoir séparer les articles pour vous donner plus details et partager des recettes et bonnes adresses.

J’espère néanmoins vous avoir un peu éclairé.

Merci de m’avoir lue.

Fabienne

3 comments

  1. Trop stylée et inspirante , comme d’hab 👌 ( et moi toujours aussi objective 🙂) cet article devrait être lu pour inspiration aux bonnes résolutions 2019 n

    1. Ah, Ah, merci l’objectivité incarnée :). Je trouve que le vécu parle beaucoup. Quand j’ai commencé dans le zéro déchet, c’est le vécu, le cheminement des autres lu dans des bouquins qui m’a aidé plus que de simples recettes ou astuces posées ci et là!

  2. Bonjour, je suis assistante maternelle, je me lance dans le zéro déchet. Pourriez vous me conseiller sur les couches lavables? On m’avait prêté des couches lavables que j’avais essayé sur mon fils lorsqu’il avait presque 2 ans mais il a été propre 2 mois après l’essaie… Quelle(s) marque(s) utilisez-vous?
    Merci pour votre blog. Bonne journée

Répondre à Fabienne Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *