Profession indéterminée : mon parcours professionnel

Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours souhaité travailler dans le domaine médical. Plus précisément, j’ai toujours voulu être sage-femme. Je ne sais pas bien pourquoi, mais c’était mon objectif depuis toute petite.

J’ai pu faire mon stage de 3eme auprès de Catherine Marzanasco, l’une des très rares sage-femme qui pratique encore des accouchement à domicile en France aujourd’hui. Pendant cette semaine, j’ai eu la chance de vivre la magie d’un accouchement à domicile! Je me suis dit, voilà, c’est ça. Non seulement, je veux faire ce métier, mais en plus, j’aimerais moi aussi accoucher à domicile un jour!

J’ai donc suivi mes études avec ce seule et unique but de devenir sage-femme. J’ai suivi une filière scientifique au lycée; j’ai obtenu mon bac avec une mention assez bien et je suis entrée en première année de médecine.  En médecine, ce terrible. Je travaillais de manière acharnée comme tout le monde, mais je manquais de confiance en moi. J’ai donc lâchement abandonné les études de médecine en cours de route par peur de ne pas y arriver. Pour l’anecdote, suite examens du premier semestre j’ai été classée 204e sur plus de 1000 inscrits à la fac.

N’ayant plus la voie de la médecine je me suis dit que j’allais devenir infirmière, puis entrer directement en 2e année de médecine grâce au numéro c’est Claudius réservé aux professionnels de la santé. J’ai donc passé le concours d’infirmière que j’ai obtenu sans difficulté. J’ai suivi mes 3 années d’études et j’ai été diplômée en 2010. Ne sachant pas dans quel service je souhaitais travailler en tant qu’infirmière, j’ai commencé en faisant de l’intérim. En 10 mois d’intérim, j’ai énormément appris et cela a forgé mon caractère d’infirmière. J’ai ensuis travaillé 1 an et demi en réanimation cancérologique à l’institut Gustave Roussy à Villejuif puis 1 an en soins à domicile. J’ai très vite su que ce métier n’était pas pour moi. J’aimais sa dimension sociale et la technicité à propre l’infirmière mais il me manquait quelque chose : la créativité

En 2012, alors que j’étais encore un exercice, j’ai suivi une formation de wedding planner à distance et j’ai créé le blog love sur la comète pour y concentrer les inspirations mariage qui me servirait au lancement de mon activité.

Fin 2013 virgule j’ai quitté mon métier d’infirmière, et je me suis lancé dans la création d’une agence de wedding planner. J’ai ouvert ma boîte en tant qu’ auto-entrepreneur en avril 2014 et c’est ainsi que je me suis lancée. J’ai adoré cette période. J’ai appris autre à faire autre chose que du social et du paramédical. J’ai appris à décorer et agencer des espace, j’ai appris à travailler les fleurs,  à écrire, à bloguer, à créer des univers graphique, a fouiller dans les sources de codage de site internet; j’ai visité des lieux sublimes, des lieux atypiques, j’ai rencontré des professionnels de la restauration de l’organisation de la décoration.  J’ai voyagé autour de Paris pour installer des événements, j’ai fait des rencontres professionnelles qui sont restés des contacts aujourd’hui. En 3 ans, j’ai appris énormément et je ne regrette absolument rien de cette étape de ma vie.

Étrangement, avec ce métier de wedding planner, il me manquait justement le côté sociale que j’avais dans mon métier d’infirmière.

En septembre 2014, soit seulement quelques mois après avoir lancé ma boîte, je suis tombé enceinte. J’ai travaillé en gardant mon bébé, et c’est là que j’ai rencontré les difficultés d’être une maman entrepreneur sans mode de garde.

En 2016, j’ai fait 12 mariages dans l’année. Ce fut une belle année, mais ce fut aussi une année très difficile où j’ai eu beaucoup de mal à tout concilier. Je travaillais énormément, j’ai même pris de gros risques en faisant plusieurs mariage sur un weekend juste pour ne pas rater de contrat et j’ai finis par avoir un accident de voiture en ayant cumulé beaucoup de fatigue. À ce moment, j’ai réfléchi. Je ne pouvais pas continuer comme ça. Je devais développer la boîte et peut-être m’associer, arrêter cette activité ou alors revoir mes ambitions.

Nous avons déménagé fin 2016 et cette transition m’a permise de réfléchir. J’ai réalisé que le métier de wedding planner ne répondait plus à mes attentes et ambitions du moment. Ma priorité allait à mon enfant et je ne souhaitais plus être absente les weekends ni prendre de trop gros risques juste pour ne pas louper des contrats. J’ai d’abord pensé réduire mon activité de l’organisation à la décoration, et puis finalement, j’ai tout arrêté.

De fin 2016 à  l’automne 2017, j’ai repris un travail d’infirmière en tant que préleveuse dans un laboratoire d’analyses médicales à Bagnolet où nous venions d’emménager. Cette période a été absolument horrible. Passer d’un statut d’entrepreneur à un statut de salarié dans un domaine qui ne nous comble plus du tout était invivable. Presque un retour en arrière. Pour autant, ce fut l’occasion de réfléchir à ce que je souhaitais dorénavant faire de mon avenir professionnel. L’avantage en travaillant dans ce laboratoire est que je disposais de mes lundis, mardis set mercredis après-midi de libre. Je pouvais donc récupérer mon grand assez tôt chez la nounou pour faire des sorties avec lui. C’est à ce moment que je me suis rendu compte qu’il n’était pas aisé de sortir avec son enfant en bas âge dans des lieux qui soient à la fois adaptés pour lui et pour nous parents. J’ai commencé à chercher s’il existait des lieux kid friendly en région parisienne. J’en ai trouvé très peu. Alors j’ai commencé à voir si ce type de lieu existait ailleurs. J’ai vu qu’il en existait énormément dans les pays scandinaves, dans les pays outre-Atlantique et notre voyage dans les pays baltes cet été m’a confirmé que ce type de lieu pouvait t’être l’usage et non l’exception.

J’ai alors commencé à me dire que je pourrais, moi, le créer, ce café Kid friendly dont je rêvais. Et c’est aussi simplement qu’est née l’idée du Kimia café. Le café pensé pour tous avec son espace de jeux pour les enfants, son coworking et ses ateliers d’artistes.

Je rêvais de ce type d’espace lorsque j’étais wedding planner et que j’avais besoin de travailler tout en gardant mon enfant. Parfois je cherchais s’il existait ce type de lieu sur Paris, où j’aurais pu me rendre, où il aurait été occupé à jouer pendant que moi j’aurais pu travailler. J’ai tout simplement mis en forme ce besoin éprouvé quelques années plus tôt dans le concept du café. Lorsque je bricolais seule la décoration des mariés, je travaillais souvent dans mon parking. Alors, je me suis dit, pourquoi ne pas mettre des ateliers d’artistes sur place ? Ainsi, les travailleurs indépendants qui ont besoin de créer ou de stocker du matériel auront un espace pour le faire. Ce café, je l’ai imaginé design et avec de bons produits à consommer car c’est ce que nous aimons, Arnaud et moi lorsque nous sortons. Nous prêtons une grande attention au design et à la carte. L’aspect zéro déchet du projet, lui, correspond à la démarche dans laquelle je suis depuis que j’ai eu mon deuxième enfant.

Voilà, je suis infirmière de formation ayant une expérience dans l’événementiel et aujourd’hui en création d’un café qui pourrait correspondre à un tiers lieu éco-responsable et créateur de lien social.

En lisant cela, vous devez vous dire que je suis complètement folle et c’est vrai que je l’ai pensé aussi. J’ai pensé que j’avais un problème. J’imaginais que le fait de ne pas pouvoir me poser dans un métier plus de 3 ans était problématique et que je devais régler quelque chose avec moi-même afin de devenir comme tout le monde.

Et puis, cette année, en travaillant sur moi-même, j’ai compris.

J’ai compris que je n’avais pas de problème. J’ai compris que j’étais juste une creative débordant d’idées qui avait besoin de travailler de manière permanente sur de nouveaux projets pour s’épanouir.

C’est en effet comme ça que je m’épanouis et que je suis comblée. Quand j’ai de nouveaux challenges à traiter, quand je dois monter des projets, quand je dois partir de zéro et créer quelque chose qui sera bien visible, bien vivant, bien existant. C’est comme ça que je m’épanouis. Je dois dire que j’aime quand les choses sont compliquées. J’aime quand elle me donnent du fil à retordre. J’aime prendre quelque chose qui se trouve dans un état chaotique et le redresser.

Je suis débordante d’idées. J’ai toujours 1000 idées pour tout et tout le temps. Qu’il s’agisse de décorer mon intérieur, de faire une sortie ou de travailler, j’ai toujours beaucoup trop d’idées. Je suis satisfaite quand je trouve un nouveau problème à résoudre; j’y travaille d’arrache-pied, et quand je le vois se solutionner, c’est l’extase.

Et puis, une fois que la chose fonctionne, c’est embêtant, mais, je n’y trouve plus aucun intérêt. Je m’ennuie. À ce moment, j’ai besoin de repartir sur quelque chose de neuf pour rester stimulée. C’est très embêtant, car au final, je ne profite jamais vraiment d’un état de stabilité. J’y viendrai c’est sûr mais aujourd’hui, du haut de mes 30 ans, ce sont les challenges qui me font vibrer, pas le confort de la stabilité. Depuis que j’ai accepté cela, je me sens beaucoup moins coupable d’infliger cela à ma famille.

Ainsi, pour le Kimia café, je sais que j’y arriverai. Et je sais que lorsque j’y arriverai, j’aurais envie de faire autre chose. Non pas de tout laisser et de tout recommencer, mais de développer le projet, le solidifier puis exporter le concept. C’est comme ça que je vois les choses. Je sais que dans 3 ans, je remettrai ça. Sous quelle forme? Je ne le sais pas.

Depuis que je traîne sur Instagram, j’ai pu voir que beaucoup de personnes étaient comme moi. J’ai pu constater que beaucoup d’entrepreneurs, beaucoup de maman, avaient cette facette multi casquette avec ce besoin de se réinventer sans cesse. Je me sens beaucoup moins seule dans la démarche mais finalement, même si j’étais seule, aujourd’hui, je me dis que ce n’est pas grave. Je suis comme ça.  Je l’ai accepté et finalement, ça va et ça me va.

Merci de m’avoir lue.

Fabienne.

3 comments

  1. Moi aussi je suis infirmière, j’aime mon métier car je peux travailler dans pleins de domaines, services. J’ai d’ailleurs changé régulièrement car j’aime le changement. Comme je suis curieuse, j’aime aussi apprendre, découvrir, me lancer de nouveaux défis. Et en même temps j’ai besoin d’une certaine sécurité sinon ça m’angoisse. Maintenant je fais du libéral en campagne. Je bosse moins ce qui me permets d’avoir un équilibre entre ma vie professionnelle et personnelle. J’ai besoin de cet équilibre. Et mon chéri est comme toi. Il a fait mille et un travail. Il est tres curieux et s’intéresse à tout. C’est même des fois compliqué car je trouve que parfois il ne va pas au bout de son projet et s’en va vers un autre avant d’avoir exploité le premier. Mais bon on fait avec. Il est comme ça donc je le prends comme il est… du moment qu’il ne fait pas pareil avec moi. (Lol).

  2. Coucou Fabienne.

    Je viens sur ton blog depuis qq temps et je n’avais même pas lu ta bio ! qui est super intéressante et permet de mieux te connaître. Et quel honneur de savoir qu’au début tu voulais devenir sage-femme !
    en tout cas je te souhaite de réussir ton entreprise.
    A bientôt
    gros bisous
    Tiphaine

  3. Bonjour Fabienne,

    Quelle bouffée d’oxygène en vous lisant. Je suis une « instable » et « atypique » au niveau du travail et je m’assume depuis peu. J’ai 4 métiers (voir plus) dans les mains. J’adore les débuts de projet, j’ai également 1000 idées par projets et sur tout et rien….

    J’habite la région Auvergne Rhône Alpes (la terre du milieu!!!). Je suis entrain de construire un projet qui allierait mes passions et compétences…

    On pourrait à l’occasion discuter!

    Merci encore

    Florence

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