31 ans : mon histoire

J’ai vu le jour le 1er mai 1988 dans la région de Lyon. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de 2 ans avant de regagner la République centrafricaine, mon pays d’origine.

J’ai perdu mon père à l’âge de 5 ans. De lui, je n’ai d’autres souvenirs que ceux que me comptent mes frères et sœurs. La seule image bien nette que j’ai à l’esprit est celle de son corps sans vie couvert d’un drap blanc.

J’ai quitté la Centrafrique à l’âge de 8 ans. Je dirais plus précisément, que l’on m’a contrainte, avec ma sœur aînée, à laisser ma famille et mon pays pour m’épargner de la guerre. Les militaires qui débarquent à la maison, « il faut partir tout de suite ». Monter dans un avion militaire, atterrir dans un camps militaire au Gabon, être parqué avec tant d’autres personnes, recevoir des rations alimentaires…

Et puis finalement arriver en France. Penser rejoindre notre sœur aînée et s’installer avec elle, mais être placée en famille d’accueil. Dans une autre famille que celle de ma sœur avec qui j’ai fais le voyage.

J’ai 8 ans. Je pleure tous les soirs. Je ne comprends pas, je ne comprends rien. J’ai seulement 8 ans. Je retrouve mes sœurs les week-ends. J’en suis séparée tous les dimanches soirs. Les separations se passent dans les cris, les hurlements, les larmes, les pleurs. J’ai 8 ans.

Je grandis, plutôt bien au vu du contexte. Je suis seule et j’ai dans la douleur de mon âme, un ami fidèle, un père, un ange gardien, un refuge, un appui, un dieu qui me protège, qui me garde. Il me dit tous les soirs, lorsque je pleure, que tout ira bien pour moi.

Je rencontre mon futur mari à l’âge de 16 ans.
Je m’emancipe à l’âge de 18 ans. Un studio à Paris, des voyages, des études d’infirmières et un diplôme en poche.

Je me marie à l’âge de 20 ans. Nous achetons un appartement, puis un deuxième, et enfin notre maison à Bagnolet.

Je quitte mon emploi d’infirmière, je me lance dans l’événementiel. Je deviens maman, une fois, deux fois. Mes enfants m’inspirent.

Je reconnais chez moi une force de caractère particulière. J’ai la capacité d’abattre une grande quantité de travail en peu de temps. J’ai un moral et une volonté de fer. L’ injustice et l’humiliation dont sont victimes les plus fragiles m’insupportent. Je ressens le besoin de me connecter au autres et de revenir à l’essentiel. Je ressens le besoin de travailler concrètement à une société plus inclusive mettant l’humain au cœur de ses valeurs.

Je lance le projet du Kimia café, un tiers lieu familial eco-responsable. Bien loin d’être une fin en soit, ce projet est pour moi l’occasion de trouver le vrai sens de ma vie.

Je veux donner de la voix pour ceux qui en sont privé. Je veux contribuer à améliorer la vie de ceux pour qui tout semble perdu. Je veux permettre à ceux que la vie à brisé en mille de s’aimer a nouveau pour redonner un sens à leur vie.

Cette 32 eme année sera pour moi placée sous le signe de l’apprentissage. Apprendre l’histoire, l’écologie, la sociologie, la politique, l’art de l’éloquence… Je vais appprendre et réapprendre toutes ces choses qui me permettront demain d’avoir plus de voix à donner pour ceux qui en manquent.

Je m’appelle Fabienne, j’ai 31 ans ce 1er mai 2019. J’ai une histoire un peu bancale mais aujourd’hui, je suis droite dans mes bottes et déterminée comme jamais auparavant.

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