Crise dans le couple : et si demain était un jour meilleur?

Ce matin, nous nous sommes réveillés ensemble, nous nous sommes préparés ensemble, nous avons bu un café ensemble; il m’a embrassé, il est parti. Je suis resté là, et je me suis dit : « que je suis bien avec lui. Que je suis apaisée, sereine. »

Et puis, je me suis souvenue qu’il y a quelques mois encore, je ne l’étais pas du tout, sereine.

J’étais hypertendue dans tous les sens du terme, je n’avais plus foi en lui, plus foi en nous. Avais-je seulement foi en moi-même? 

Nous nous sommes rencontrés durant notre jeunesse. J’avais 16 ans, il en avait 18. Nous avons grandi ensemble, nous avons choisi quels adultes nous allions devenir ensemble. Nous avons découvert la vie active ensemble. Et dans tout ce chemin parcouru ensemble, nous nous sommes construit séparément. Nous nous sommes affirmés, nous avons évolué, nous avons changé sans nous en apercevoir.

Un beau matin, j’ai réalisé que ce n’était plus l’homme qui m’offrait des fleurs toutes les semaines. J’ai réalisé que ce n’était plus celui qui était rempli de ces attentions qui me plaisaient tant à l’époque. J’ai réalisé qu’il passait beaucoup moins de temps à faire de la bonne cuisine pleine d’amour comme jadis dans notre studio de jeunes mariés.

Je l’ai réalisé et je n’ai pas aimé ce que j’ai réalisé. Pourquoi avait-il changé? Pourquoi m’avait-il trompé sur ce qu’il était vraiment? Pourquoi était-il devenu si peu rêveur, enchanteur? Pourquoi me prenait-il pour acquise au point de ne plus faire d’efforts pour me conquérir encore et encore, jour après jour?

J’ai pété une durite. Les idées noires alimentant les idées noires, je ne voyais plus grand chose de bien chez lui.  Quoi qu’il fasse, c’était mal. Quoi qu’il cuisine, c’était bâclé et mauvais. Quoi qu’il dise, il avait tort. Quoi qu’il prétende, il ne prenait pas soin de moi, à mon sens.

C’était il y a quelques mois à peine.

Et puis, j’ai réalisé en travaillant sur mon développement personnel, que j’avais énormément changé. J’ai réalisé que je n’étais plus l’ado de 16 ans qu’il avait rencontré. J’ai réalisé que certaines attentions ne me touchaient plus. J’ai réalisé que j’étais devenue une femme assez dure, trop exigeante, pas assez souple, trop insatisfaite.

J’ai réalisé que j’avais mis une pression énorme sur lui. J’ai réalisé que j’en attendais trop de lui.

J’ai réalisé que je ne prenais pas le temps de voir et d’apprécier ce que j’avais. Ce que nous avions, ce que nous étions. J’ai réalisé que je ne prenais plus le temps de considérer ce qu’il était, ce qu’il vivait, ce dont il avait besoin, lui, pour être épanoui en tant que personne, avant de l’être en tant que mari.

Je me suis trouvé égoïste. Egoïste de me focaliser sur mon propre bonheur et d’attendre que tout vienne de lui. Comment pouvais-je lui reprocher de ne plus être cet homme rencontré dans ma jeunesse alors que je n’étais  plus cette femme rencontré dans sa jeunesse?

J’ai pris conscience que dans le couple, nous sommes TOUJOURS deux à être fautifs. Toujours. Il avait changé, certes, mais j’avais changé aussi. Il m’avait heurtée, c’est vrai, mais je l’avais heurté aussi. Il n’avait pas suffisamment pris soin de notre couple, certes, mais je ne l’avais pas fait non plus.

Je fais partie de ces femmes qui sont en révolte contre notre société historiquement patriarcale mais qui considèrent que l’homme doit en faire plus que la femme pour garantir la santé du couple. Quel paradoxe.

La clé de l’amélioration pendant cette période de turbulences a premièrement été de travailler sur moi même. On a tellement tendance à voir la paille qu’il y a dans les yeux de l’autre avant de voir la poutre qui voile notre propre regard! Oter notre propre poutre est certainement un bon début. Régler mes propres problèmes, mes frustrations, me mettre au clair avec la femme que j’étais devenue, mes attentes, mes envies, mes aspirations fut bénéfique pour m’apaiser et me prédisposer à retrouver une relation sereine avec lui.

Pour travailler sur moi, j’ai lu des livres de développement personnel qui m’ont aidé à me poser les bonnes questions. Puis j’ai pris du temps pour moi, chose que je ne faisais plus, et cela, notamment grâce au miracle Morning.

Une fois en paix avec moi même, nous avons pu discuter, mettre les choses à plat, et régler  un certain nombre de sujets de discorde.

Nous avons réalisé que nous étions différents. Nous avions une logique de réflexion totalement différente. J’étais plutôt un cerveau droit, et lui, plutôt un cerveau gauche. De fait, nous pouvions nous parler sans nous comprendre. Nous l’avons fait pendant des années sans nous en rendre compte!

Dès que nous avons réalisé cela, les choses ont quasiment évolué dans le bon sens du jour au lendemain. Il savait que certaines réactions de ma part n’étaient pas exagérées, elles suivaient ma logique spéciale… Je savais que certaines réactions ou plutôt, absences de réaction de sa part n’étaient pas signe de désintérêt. Elle suivait sa logique…spéciale à mon sens!

Comme pour beaucoup de couples, croyants ou pas, nos problèmes ont été difficiles à surmonter et dire que je n’ai jamais pensé à partir serait mentir. La vie nous est si douce aujourd’hui, plusieurs années après que ce choix aurait été regrettable.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Et si elle ne l’est pas pour nous, en tant qu’individus unique, elle n’a pas de raison de l’être d’avantage dans un couple formé de deux personnes uniques bien que unies.

Tout comme le beau temps vient après la pluie, des jours meilleurs arrivent dans le couple après la tempête.

Et si demain était un jour meilleur?

13 comments

  1. Merci pour ce partage à coeur ouvert💓 @princessjud

    1. Merci à toi de l’avoir lue Judith ❤️

    2. Bonjour,
      Merci pour ce partage intime, la vie de couple est un travail de tous les jours. Mais tellement belle à vivre. 😍
      Belle journée.

      1. Merci Agnès ! C’est loin d’être facile tous les jours mais quel enrichissement et quel d’avoir que d’avoir cet autre à nos côtés !

      2. Un travail de tous les jours, c’est bien le cas de le dire. Mais finalement, quel bonheur d’avoir l’autre, de partager sa vie, ses peines, ses joies avec cette personne au quotidien. J’ai bien aimé cette phrase qui dit : tout ne va jamais si bien qu’on ne le pense, tout ne va jamais si mal qu’on ne le pense. C’est un peu ça dans le couple. Ca peut toujours aller mieux, et ce n’est jamais si grave que ça !

  2. J’aurais pu écrire ce texte, je suis hallucinée par la similarité de nis vécus et en même temps pas surprise du tout car lors de notre crise de couple, j’ai lu beaucoup sur le sujet et c’est au final très banal cette phase. Ce qui l’est moins c’est d’être tous les deux d’accord d’avancer, de travailler sur soi et de d’accepter que l’autre est celui qu’il est hors idéalisation. En avant pour la suite de l’aventure ❤️

  3. C’est d’une très grande justesse… vraiment.
    Je reconnais notre couple presque trait pour trait (sans la religion) et certaine de tes phrases m’ont profondément émues. Notamment ta phrase sur le patriarcat… elle résonne très fort en moi. Merci pour ce bel article

    1. Merci beaucoup pour tes mots ici et sur Instagram. Je me trouvais ridicule, en pensant à cette mise en corrélation avec le patriarcat. Combien sommes nous à vouloir faire bouger les choses mais à rester figée à ce point sur certains principes qui ne nous émancipent pas dans le fond ? En prendre conscience est un bon début !

  4. Bonsoir
    C’est avec une grande émotion que j’ai lu vos mots qui résonnent tellement
    Nous sommes dans cette mauvaise période mais je garde espoir de s’en sortir
    Merci merci pour ce partage qui m’a mis les larmes aux yeux
    Pouvez-vous me conseiller des livres sur le développement personnel ?
    Bonne soirée
    Delphine

  5. J’avais lu ton post sur insta mais je prends seulement le temps de lire l’article du blog… et bien un grand merci car je me reconnais dans chacun de tes mots… pour l’instant nous sommes encore en crise mais ton texte me donne de l’espoir et puis me donne peut être les outils pour nous en sortir. Tu as tellement raison, il faut travailler d’abord sur soi-même pour ensuite réparer le « nous »… merci encore…

    1. Je t’en prie Caroline, j’espère que cela te servira. C’est difficile de prendre du recul lorsque l’on souffre. Finalement, se recentrer sur soi même plutôt que sur l’autre nous aide à prendre du recul, de la distance pour moins agir sous la coupe des sentiments, souvent négatifs qui nous assaillent mais pour prendre des décisions plus réfléchie, moins teintée de souffrance/envie de vengeance. Bonne suite, je vous souhaite beaucoup de douceur et d’amour pour l’avenir

  6. Un très bel article qui donne de l’espoir. Je me (nous) retrouve dans ce beau texte…. mais avec du travail, je pense qu’il est possible d’évoluer dans le bon sens et de construire avec de nouveaux outils. La vie de couple n’est pas un long fleuve tranquille !

    1. Je suis plus que ravie que mes mots vous permettent de trouver l’espoir d’une bonne évolution. C’est possible. Pas facile, mais possible. Avec de nouveaux outils, des outils différents que ceux déjà utilisés, avec de l’humilité de l’altruisme et surtout, la volonté d’essayer de s’en sortir. Si vous souhaitez échanger en privé, j’en serai ravie via Instagram ou par mail à lovesurlacomete@gmail.com (je précise que je ne suis pas une professionnelle, juste une bonne oreille). Bonne courage !

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